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Le Périgord en Sud-Charente : l'héritage oublié

Le Périgord Charentais : article et sources sur la partie du Périgord dans le département de la Charente (16).

Argumentations détaillées de preuves via des sources sûres de livres tirés d'archives et des archives départementales, voir nationales. Thèse sur cette portion du Périgord et sur ces véritables frontières. les archives écrites étant les meilleures sources, car les cartes étant trop approximatives, dans le sens où la plupart furent créées sur Paris dans un bureau via des écrits. Les meilleures cartes resteront celles des diocèses faites sur place et commandées pas les Évêchés de l'époque, pour une meilleure visibilité d'un territoire.


Coucher de soleil en Sud-Charente Périgord à Chalais


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Si nous vous disions qu’une partie du département de la Charente se trouve en Périgord, nous croiriez-vous ? Sans doute pas ! Les uns nous rigoleraient au nez tandis que d’autres s’insurgeraient. Et pourtant, au terme d’une enquête palpitante qui nous a plongés durant de longs mois au cœur des archives départementales et d’une multitude de documents tout aussi passionnants les uns que les autres, nous pouvons vous l’affirmer haut et fort : une grande partie du sud-Charente est l’héritière oubliée du Périgord. En-dessous de cet article, vous pourrez découvrir les recherches d'archives préparatoires à l'élaboration de cet ouvrage. Sans oublier qu'avec le temps, des frontières ont bougé à cause des guerres. D'ailleurs, le livre "Histoire des diocèses du Périgord et des Evêques de Périgueux et Sarlat", de Guy Penaud parle bien des diocèses DU Périgord. Nous verrons plus tard que le diocèse de Périgueux comprenait 2 archiprêtrés aujourd'hui en Charente.

Nous pouvons donc parler de Périgord Charentais !


I – Les textes plaçant le sud-Charente en Périgord


Pour commencer penchons-nous sur les écrits, bien que tout historiens qui se respectent vous dirons qu’il faut toujours se méfier des textes ils sont pourtant une source importante. En effet, des documents historiques à quelques romans, bon nombre d’entre eux placent le sud-Charente dans le Périgord.

Mais avant, revenons d’abord rapidement sur l’origine du mot Périgord. Celui-ci remonte à la nuit des temps et à un petit peuple celte qui vivait à l’époque sur ces terres : les Pétrocores. De l’époque romaine jusqu’à la révolution française la province eut alors le nom de Périgord. En 1790, à la création des départements les frontières des anciennes provinces ne furent pas respectées. C’est pourquoi comme vous pouvez le lire souvent, comme sur le site de l’office du tourisme de Sarlat ‘’Aujourd’hui, Périgord et Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire’’.


Deux mots sont importants dans cette phrase : tout d’abord ‘’approximativement’’, car en effet le Périgord s’étend légèrement au-delà du département de la Dordogne. Comme il est noté dans le bulletin de la Société charentaise des études locales ‘’L’Assemblée nationale constituante forma avec l’Angoumois, une partie de la Saintonge, de la Marche, du Limousin, du Poitou et du Périgord, le département de la Charente’’.



L’autre terme important est ‘’aujourd’hui’’, car en effet, hier le mot Périgord n’était pas synonyme de la Dordogne. Dans leur ouvrage Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980, aux éditions Persée, dans la revue des Pyrénées et du Sud-Ouest tome 57, Regis Delbru et Michel Genty expliquent qu’au milieu des années 1950, c’est à la suite d’une immense campagne publicitaire servant à promouvoir le tourisme en Dordogne, déjà dans le vent avec des sites comme Lascaux, que l’utilisation du Périgord pour désigner le département fut de nouveau utilisé.


Revue : voir ici






Remontons un peu le temps et arrêtons-nous sur l’Étude historique sur l’Angoumois publié en 1835 de François Marvaud. Dans celle-ci l’auteur nous parle du duc d’Anjou, qui n’est autre que le futur Henri III, qui au lendemain de la bataille de Moncontour en octobre 1569 dit de celui-ci qu’il ‘’gagna le Périgord, et passa par Aubeterre’’. La place forte d’Aubeterre est ainsi placée dans le Périgord. De même que dans un Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux : ‘’La capitale du Haut ou du Blanc Périgord et tout le pays était Périgueux, et ses autres ville les plus importantes, Bergerac, Limeuil, Aubeterre.’’


Aubeterre n’est pas le seul lieu charentais placé ainsi dans le Périgord. Un petit village au nom pittoresque de Montignac-le-Coq est lui aussi placé dans le Périgord dans le Recueil des actes de la commission des arts et monuments de la Charente-Inférieur, ainsi nous pouvons y lire : ‘’Le 26 décembre 1566, Arnault, Digeau, dit, Naudin, marchand à Montignac-le-Coq en Périgord’’.


Il en va de même pour le village de Villebois et de son magnifique château, dans ses Chroniques, Jean Froissart écrit ‘’Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année (), Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord et de Courtenay.


source : Château de Villebois-Lavalette


Dans les textes et autres ouvrages plaçant le sud-Charente en Périgord nous ne pouvions passer à côté de l’excellent travail de Léon Dessalles et de son Histoire du Périgord, disponible en deux volumes aux Éditions des régionalismes. Dès la première page il se pose la question de l’étendue du Périgord et afin d’y répondre il s’est penché sur les cartes anciennes des archiprêtrés et en conclu qu’il ‘’demeure donc démontré, par les faits, que la partie de l’ancien Périgord, correspondant à l’évêché de Périgueux, comprenait deux archiprêtrés que l’Angoumois avait fini par s’approprier’’.


Histoire du Périgord, Léon Dessalles (1803-1878)

(Livre utilisé par le département de la Dordogne et promu)


Ces deux archiprêtrés sont ceux de Pillac et de Peyrat et qui correspondent parfaitement au morceau du bassin de la rivière dordogne dans cette partie du département de la Charente, autrefois occupé par les Pétrocores.


II – Les cartes


Lorsque l’on recherche des cartes du Périgord sur internet ou ailleurs, ce sont des cartes du département de la Dordogne qui ressortent. Mais en creusant un peu dans les cartes anciennes, c’est un tout autre Périgord qui s’ouvre sous nos yeux.


La première carte du Périgord (écrit Périgort), datée de 1663, Petrocorium comitatus vulgo la comtée du Périgord est sans équivoque, Aubeterre est en Périgord. Mais bien souvent, ces cartes faites à Paris ou étant des commandes sont plus ou moins justes. En démontre une autre carte du Périgord datée de 1650 excluant la place d’Aubeterre de la province.


Sur cette carte, nous voyons les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat, qui sont aujourd'hui dans le département de la Charente. Lisez bien sur la carte, il est noté qu'on parle des archiprêtrés DU Périgord.


Alors, à quelle carte se fier ? Comme Léon Dessalles l’affirme, les plus précises sont celles faites par les évêchés. De même, dans les Annales. Économie, sociétés, civilisations. 20e année, N. 4, de 1965, Jacques Dubois parle de l’importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations.


Mais avant de continuer et afin de comprendre pourquoi ces deux auteurs donnent tant d’importances aux cartes diocésaines, arrêtons-nous un instant sur quelques définitions. Un diocèse est selon la définition de l’académie française une circonscription ecclésiastique placée sous la direction d’un évêque, mais c’était aussi dans l’antiquité romaine, sous le règne de Dioclétien, une grande circonscription administrative.


Le regroupement de plusieurs diocèses forme une province ecclésiastique. Ces provinces ecclésiastiques ont un intérêt historique car de l’empire romain jusqu’au XIX (jusqu’au concordat de 1801 pour être exact), ces dernières sont restées fidèles aux zones administratives romaines, elles-mêmes respectueuses des peuples gaulois.


source : Archives Dordogne


Par conséquent, nous avons regardés de plus près les cartes des diocèses de Périgueux et de Sarlat. Dans les archives départementales de Dordogne dormait une nouvelle preuve affirmant le passé périgourdin du sud-Charente, une carte des deux diocèses vers l’an 1317 permet d’observer les deux archiprêtrés de Pillac et de Peyrat et de dresser une liste des communes charentaises appartenant aux Périgord :

  • Dans l’archiprêtré de Pillac on retrouve les villes de :

  • Aubeterre

  • Montignac-le-coq

  • Rouffiac

  • Saint-Christophe-de-Tude ( aujourd'hui devenu Chalais, 16210 )

  • Saint-Hilaire

  • Saint-Quentin-de-Chalais


  • L’archiprêtré de Peyrat est quant à lui composé de :

  • Blonzaguet

  • Gurat

  • La Faye

  • Villebois-Lavalette

Cette liste, non exhaustives, est confirmée par d’autres cartes représentant le Périgord en 1556 puis en 1679.

III – Le cas de Chalais


Dans ses mémoires Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord déclarait ‘’À 4 ans, (…) la femme chez laquelle on m’avait mis en pension me laissa tomber de dessus une commode. Je me démis un pied : elle fut plusieurs mois sans le dire ; on s’en aperçut lorsqu’on vint me prendre pour m’envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère’’. Cette affirmation est partiellement fausse. Nous ne parlons pas de son accident de commode, sans doute inventé pour cacher une maladie héréditaire bien plus embarrassante. Celle-ci est totalement fausse.


Là où il a partiellement raison c’est en localisant Chalais dans le Périgord. Si le château et une partie de la ville de Chalais se trouve en Saintonge, une autre partie de Chalais se trouve en Périgord et cela est la conséquence de l’histoire de la construction de la cité.


Autrefois, le village de Chalais s’étendait autour du château et s’arrêtait au bord de la Tude. L’autre côté de la rivière était fait de prés marécageux s’étendant jusqu’au village de Saint-Christophe qui, lui, se trouvait en Périgord, dans l’archiprêtré de Pillac. Les seigneurs de Saint-Christophe vivant dans un château qui existe toujours aujourd’hui et qui fait face à celui de Chalais, le château de La Borie qui dépendait de la châtellenie d’Aubeterre et dépendaient de la sénéchaussée du Périgord comme en atteste le Ban et Arrière-Ban de la sénéchaussée de Périgord en 1557 au paragraphe 53 :

Le seigneur de La Borie, se disent exempts (du service de contribution au dit ban et arrière-ban) en vertu du privilège octroyé par le roy aux habitants de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habitants.


Quatre siècles plus tard, en 1946 le village de Saint-Christophe fusionnait avec la ville de Chalais. Ainsi si vous déambulez dans les rues paisibles de Chalais, vous pouvez passer de l’ancienne province de la Saintonge à l’ancienne province du Périgord en franchissant cette petite rivière de la Tude, qui servait de frontière naturelle entre les deux de Saint-Cybard jusqu’à la petite ville de Chalais, qui laissa grâce à sa grand-mère le souvenir le plus doux au diable boiteux.


Dorénavant, lorsque vous voulez visiter la belle région périgourdine, n’oubliez pas de vous arrêter dans le sud de la Charente afin de découvrir les trésors cachés qui vous attendent dans ce Périgord oublié.




RECHERCHES D'ARCHIVES PREPARATOIRES

de mars 2020 à février 2021


Partons pour une enquête des plus inattendue, cette fois, de nature historique et toujours d'actualité, dont certains faits sont effacés au profit de d'autres. Mais si on vous disait que la Charente faisait aussi partie du Périgord, vous nous croiriez ? Et bien pourtant, la Charente est bien l'héritière légitime des morceaux de cette ancienne province qui n'existe plus. Seules les frontières départementales entre la Charente et la Dordogne sont attestées dans les esprits de tous. Pourtant l'appellation Périgord a, aujourd'hui, bien disparu de la Charente.

Mais alors, qu'est-ce que vraiment le Périgord et qu'elles sont les véritables frontières du Périgord, et surtout, pourquoi le Périgord n'est pas exploité en Charente ?

Ici, nous allons nous intéresser à la véritable frontière du Périgord entre la Charente et la Dordogne.


Quand on tape sur Google "Périgord", nous trouvons tout un tas de cartes, comme celle ci-dessous, vous montrant le Périgord que dans l'actuel département de la Dordogne. Alors, certes, la plus grosse partie du Périgord se trouve dans la Dordogne actuelle, mais trouver la partie charentaise devient plus compliqué.

carte : Caruso24


Nous débutons alors nos investigations qui allaient porter leurs fruits. Et pour cela, nous allons commencer par identifier des cartes. mais attention, beaucoup de cartes trouvées sur le net, sont trop approximatives et peuvent, par conséquent, vous détourner de la vérité historique. C'est pour cela, que nous ferons aussi les recherches dans les écrits des archives, car oui, les écrits ne mentent et ne trompent pas.


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Petrocorium comitatus vulgo la comtée de Périgort. 1663.

( la toute 1ère carte du comté du Périgord, avec la partie Charentaise, délimitée aujourd'hui par la Dronne et la Lizonne)

source : https://gallica.bnf.fr/


Une carte avait été faite avant, en 1650 (découvrir ici). Mais sur celle-ci, nous pouvons voir que la partie charentaise de nos jours, n'y est pas. Elle avait dû être oubliée, car en 1663, soit 13 ans plus tard, une autre carte fut éditée, cette fois, avec la partie Charentaise ( voir carte et agrandissement juste au-dessus ).

ceci nous fait poser la question des erreurs sur les cartes et de nous aider des écrits e archives pour trouver les preuves du Périgord en Charente, car les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat étaient bien attestés.


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source : Wikipédia


Cette partie de la Charente dans le Périgord, oublié de nos jours, se trouve dans le bassin versant de la Dordogne.

En regardant bien, la partie vert clair du bassin de la rivière Dordogne dans le département de la Charente correspond parfaitement à ce qui sera les archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat du diocèse de Périgueux en Périgord. Le bassin de la Dronne faisant parti du bassin de la Dordogne. La rivière de la Tude se trouve être une frontière à ce bassin. Nous verrons plus tard que cette partie du bassin se trouvait aussi dans le territoire des Pétrocores.


Le bassin de la Dordogne est un bassin versant situé en France, qui comprend le système hydrologique de son principal cours d'eau, la Dordogne. (cf)


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Nous avons appris que le mieux, pour se référer à une carte était de consulter les cartes des diocèses, bien plus complètes et fidèles aux véritables frontières des provinces, car les cartes faites sur Paris par des géographes tronquaient maladroitement certaines portions des territoires et avaient, auprès des historiens, la fâcheuse tendance à créer des problèmes historiques. Les cartes des diocèses avaient été conçues dans le but d'archives personnelles de l'Evêque qui gouverne son diocèse. Par ailleurs, les historiens consultent le plus souvent les cartes dites locales parce qu'elles fournissent de meilleures informations afin de retracer l'histoire et les frontières d'une province, d'une ville, d'un château ou d'une fortification, comme ça a été le cas pour les anciens remparts de Paris sous Philippe Auguste.


D'ailleurs, dans les "Annales. Economies, sociétés, civilisations. 20ᵉ année, N. 4, de 1965", pages 680 à 691, Jacques Dubois explique, dans la section "Histoire et cartographie", l'importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations afin de retracer l'histoire. Par conséquent, seules les cartes des diocèses fournissent des sources fiables.

Comme dit dans le document : "Connaître la composition des diocèses évite les erreurs d'identification".


👇 Vous pouvez consulter le document ici 👇


Histoire et cartographie

la carte des diocèses de France avant la Révolution

Importance du cadre diocésain.


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Et nous pouvons vous garantir que les résultats obtenus sont au-delà de ce que nous pensions. Nous étions dans une véritable chasse au trésor portant le nom de "Périgord" ; un nom, un titre connu dans le monde entier, avec un terroir unique, qui exprime un sentiment de grandeur royale, d'espace sauvage, de châteaux et d'édifices religieux uniques.


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MUSEFREM

Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790

http://philidor.cmbv.fr/


« Le département de la Dordogne, à la différence de beaucoup d’autres, recoupe pour l’essentiel ce qui avant 1789 correspondait à une vieille province, le Périgord. Aujourd’hui encore, dans l’esprit de beaucoup d’habitants, voire de Français et d’étrangers, les termes évoquent la même réalité géo-historique. À y regarder de plus près, on peut remarquer quelques différences. Le Périgord regroupait deux diocèses, celui de Périgueux et de celui de Sarlat. La séparation entre les deux coïncidait avec une ligne naturelle correspondant aux cours de la Vézère et de la Dordogne. Le nouveau département, et donc le nouveau diocèse de Périgueux, intégra, au nord, le Nontronnais et à l’est une petite région autour de Lanouaille ; au total, une trentaine de paroisses furent ainsi prises sur l’ancien diocèse de Limoges. Ces deux ensembles, en particulier le premier, faisaient néanmoins partie de la province du Périgord traditionnel. Au sud-est de l’ancien diocèse de Sarlat, une vingtaine de paroisses furent prélevées sur celui de Cahors (autour de Carlux) et, plus au sud, quatre paroisses sur le diocèse d’Agen. À l’inverse, une trentaine de paroisses situées à l’ouest de l’ancien diocèse de Périgueux passèrent dans le département de la Charente et au sud une vingtaine de celui de Sarlat dans le département du Lot-et-Garonne. Les pertes et les gains se trouvaient ainsi équilibrés et, dans sa forme globale, le nouveau département de la Dordogne reste très proche de l’ancienne province du Périgord. »


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Une véritable carte du Périgord, tel que les frontières étaient. Le Périgord était géré par deux diocèses : Périgueux et Sarlat


Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317

source : Archives Dordogne

datation carte : 1972

juste en dessous, les agrandissements des Archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat, du diocèse de Périgueux de l'ancienne province du Périgord, qui aujourd'hui sont dans le département de la Charente.


Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317

source : Archives Dordogne

datation carte : 1972


« Le diocèse de Périgueux était le plus ancien et son territoire correspondait à l’origine à celui de la cité gauloise des Pétrocores. Si Saint-Front, le « premier évêque » qui aurait vécu entre la fin du Ier siècle et le début du IIème siècle, est un personnage en partie légendaire, la liste des évêques peut être établie à partir du IIIe siècle et surtout du début du VIe siècle. En 1317-1318, Jean XXII, natif de Cahors et premier pape d’Avignon, se lança dans un vaste redécoupage des diocèses du sud de la France et c’est ainsi que fut créé le diocèse de Sarlat. Près de 250 paroisses du sud et du sud-est du Périgord furent prélevées sur celui de Périgueux soit plus du tiers du total périgourdin.


« Les collégiales du diocèse de Périgueux

Le diocèse de Périgueux compte cinq collégiales en 1790 : Aubeterre (aujourd’hui en Charente), Hautefort, La Rochebeaucourt, Ribérac et Saint-Astier. Mise à part cette dernière, les recherches n’ont apporté aucun document sur leur vie musicale en 1790 ou durant les décennies précédentes.


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Évêques et société en Périgord du Xe au milieu du XIIe siècle

Annales du Midi : Muriel Laharie

Editions Persée


( page 356 et 354 )

« Le champ d'action de l'évêque de Périgueux, son diocèse, était assez vaste puisqu'il correspondait à peu près à l'actuel département de la Dordogne. Comme le montre la carte ci-jointe, il en débordait quelque peu au sud et au nord-ouest et, en revanche, cédait des paroisses périgourdines au nord et à l'est aux diocèses de Limoges et Cahors. C'était l'antique civitas petragoricensis où l'évêque résidait à la Cité, dans le palais épiscopal jouxtant la cathédrale Saint-Etienne. Cet évêché fut progressivement divisé en vingt-deux archiprêtrés qui se répartissaient sur l'ensemble du territoire. On peut estimer que dès le début du XIIe siècle, cette organisation était à peu prés complète, même si le nom des archiprêtrés devaient changer, dans certains cas, par la suite, notamment lors de la scission de 1317 en deux évêchés ( Périgueux et Sarlat ).


( page 360, 361 et 363 )

« Les évêques de Périgueux ont eux-mêmes donné naissance à certaines communautés. C'est ainsi que Raoul de Couhé a fondé le chapitre de Saint-Astier au début du XIè siècle (l'ancienne église avait été détruite par les Normands), Guillaume Ier de Montbron probablement celui de Châtres, et Renaud de Thiviers le chapitre de Saint-Jean-de-Côle (1086) ainsi que la communauté d'Aubeterre, Ils ont, par ailleurs, aidé au développement de l'abbaye d'Uzerche, proche du Périgord : Géraud de Gourdon assista à la dédicace de son église en 1048, et Renaud de Thiviers la consacra le 22 janvier 1098 avec Guillaume, évêque de Limoges.

Sur la carte ci-dessus, nous voyons que Saint-Cybard, aujourd'hui en Charente, se trouve dans le Périgord.


« La commune de Blanzaguet-Saint-Cybard est traversée du nord au sud par le Voultron, qui se jette dans la Lizonne, qui arrose le sud de la commune. La Lizonne est un affluent de la Dronne. La commune est dans le bassin versant de la Dordogne comme une partie du Sud-Charente. (cf)


Tout ceci correspond bien à a carte hydrographique vue plus haut.


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Études historiques sur l'Angoumois

par François Marvaud (1835)


( pages 285 et 286 )

En partant d'Angoulême , le Duc d'Anjou gagna le Périgord, et passa par Aubeterre. Comme cette ville était occupée par une faible garnison protestante , il la fit battre pendant quelques jours par son artillerie, et s'en rendit maître par composition.


( pages 301 et 302 )

L'année suivante , Henri IV laissa son armée dans l'Angoumois, jusqu'à la bataille de Coutras, après laquelle il donna rendez-vous à ses capitaines sur les confins de cette province et de celle du Périgord, pour se préparer à courir à de nouveaux dangers. La veille de la bataille de Coutras , l'armée du Duc De Joyeuse campait à Chalais , Calescum, vieille terre seigneuriale qui, des mains des anciens Comtes d'Angoulême avait passé dans celles dune famille illustre du Périgord. Ce fut là que les catholiques décidèrent de n'épargner personne dans le combat , pas même Henri IV, si l'on s'emparait de sa personne. De son côté, le Prince de Condé avait réuni une armée dans l'Angoumois, et avait pris position à Montmoreau , en attendant les ordres du Roi de Navarre.


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Après de très nombreuses recherches, nous pouvons prouver que le "Périgord" n'est pas que l'actuelle Dordogne, mais aussi la Charente, et que c'est un ancien nom provincial qui a été développé et exploité par le département de la Dordogne dans les années 50, afin de promouvoir le tourisme. De nouvelles cartes et récits, ont été façonnés avec le temps, et par conséquent certains morceaux du Périgord ont été oubliés des nouvelles générations par de multiples successions d'infos touristiques en masse. Nous ne jetons pas du tout la pierre à la Dordogne, car la Charente a aussi sa part de responsabilité dans cet oublie, dans le sens où elle a préféré se concentrer sur le noyau central d'une ancienne province qui a servi à former le département autrefois : l'Angoumois.


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Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980

par Régis Delbru et Michel Genty

Editions Persée


( page 542)

« Avant la dernière guerre, venus surtout par le train découvrir quelques grottes, les visiteurs étaient peu nombreux. A partir de 1950, diverses formes de publicité suscitèrent un premier intérêt pour la région : c'est l'époque où l'on commença à visiter la grotte de Lascaux, où fut lancé le festival de Sarlat (1952), où Joséphine Baker s'installa au château des Milandes; bien entendu, la motorisation progressive des Français rendit alors possibles leur venue et leur pénétration en profondeur du pays. A la fin des années 1950, le Périgord était devenu une région à la mode. Depuis une vingtaine d'années, divers acteurs publics ou privés n'ont cessé de « promouvoir » le tourisme. En 1959, émanation du Conseil général, l'Office départemental du Tourisme est créé : depuis son installation, en 1962, au centre de Périgueux, cet établissement, régi par la loi de 1901, multiplie les campagnes publicitaires en France et à l'étranger pour développer en Dordogne un tourisme culturel. Dans le même immeuble, un autre organisme juridiquement séparé, la Régie départementale du tourisme s'efforce de réaliser des équipements ou de les faire réaliser; elle entretient et exploite des monuments et des sites appartenant au département; elle verse des subventions pour la réalisation de gîtes ruraux, de campings, de piscines, de plages et s'exerce à l'animation. »


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Le Périgord est une ancienne province, ou région française, qui correspondait à un ancien comté recouvrant approximativement le département actuel de la Dordogne, et l'Est de la Charente, entre autres. Dire que le Périgord c'est la Dordogne, est une grosse et grave erreur. Une bonne partie du sud et sud-est de la Charente a été formée avec le Périgord. En témoignerons les nombreuses communes et terres alentour qui en faisaient partie et qui aujourd'hui ont été reprises pour créer le département de la Charente.


Foie gras du Périgord

En 1992, l'Union européenne a compris le problème des producteurs et a décidé de mettre en place l'Indication Géographique Protégé. Pour être reconnu IGP et apposer le terme Périgord sur les produits, il faut obligatoirement produire dans le territoire historique du Périgord, soit la Dordogne et quelques communes des cantons limitrophes. L'objectif est de garantir l'authenticité du terroir. Sur ces terres où poussent également des truffes d'exception, les traditions se sont transmises de génération en génération et les producteurs ont tenu à préserver le caractère artisanal. À travers ses exigences, l'IGP protège également cet héritage culturel.

Au risque de faire grincer des dents, les preuves en attestent la vérité de ce que nous avançons par des cartes et surtout des écrits trouvés en archives qui finiront par rendre la part Charentaise en Périgord. Après cet article, nous pourrons alors parler de Périgord Charentais.


vue sur le Périgord Charentais


Notre but est de rétablir la vérité sur une occultation générationnelles des véritables frontières du Périgord au profit d'un tourisme naissant, qui, avec le temps, a fini par se développer, faisant oublier, aux nouvelles générations, les vraies frontières de cette ancienne province.

On ne peut pas qualifier de "Périgord", ancienne province existante depuis la Gaule antique, un département et ses limites créé après la révolution par un redécoupage administratif. C'est complètement absurde. Le Périgord ne s'est jamais arrêté aux frontières actuelles du département de la Dordogne.


La Charente devrait, sans pouvoir se justifier, utiliser elle aussi la dénomination "Périgord", au même titre que la Dordogne, afin de pouvoir développer son tourisme et son terroir. Et pourquoi pas ? Ca serait légitime de part l'histoire et les véritables frontières de ce qu'était le véritable Périgord autrefois.


SARLAT PÉRIGORD NOIR TOURISME


« Le département de la Dordogne est souvent appelé par son ancien nom : le Périgord. Ce nom date de l’époque romaine et représentait l’ancienne province qui précéda le département. Il désignait un comté attaché au duché de Guyenne avec un territoire légèrement plus vaste que la Dordogne actuelle. Lors de la création des départements à la Révolution Française, le département de la Dordogne est dénommé ainsi grâce au nom du principal cours d’eau qui le traverse.

Aujourd’hui, le Périgord et la Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire. » (Source : CF)


(Approximativement ne veut pas dire que le Périgord s'arrête aux portes de la Dordogne, mais s’étend bel et bien au-delà.)


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carte de la Dordogne


carte du Périgord vert


En regardant cette carte, nous voyons que le Périgord vert n'est placé que en Dordogne, ce qui est complétement faux, car la Charente possède une partie du Périgord vert. Mais alors, quelles sont les parties Charentaises du Périgord et quelles sont les vraies frontières du Périgord en Charente ?


Commençons par Wikipédia :

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Il a été formé autour de l'Angoumois et de son ancienne capitale, Angoulême, qui a été choisie pour être le chef-lieu d'un département qui intégra à l'ouest le Cognaçais (des limites de l'actuelle Charente-Maritime jusqu'à Bassac) et le Sud-Charente avec Barbezieux-Saint-Hilaire, qui faisaient partie de la Saintonge, et à l'est les terres limousines du Confolentais, ainsi que quelques communes du Poitou au nord et du Périgord au sud(1).


(1) Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la Préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p.(ISBN2-903504-21-0, notice BnFnoFRBNF34901024, présentation en ligne [archive])


Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1925-04.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 115 )

« Ce petit peuple, qui était probablement allié dans l'antiquité la plus reculée aux Pétrocoriens, dont il se sépare en partie à une époque inconnue, devait être limité, dans la Dordogne, au nord par la Lisonne, au midi par la Dronne et au sud-est par le pays de la Tour-Blanche, ancien enclave de l'Angoumois. La portion du département de la Charente comprise entre Aubeterre et Charras en dépendait et suivait, de notre côté, la ligne tracée par les localités suivantes : Pillac, Bors, Juignac, Ronsenac, Magnac-Là Valette, Rougnaç et Mainzac qui forment encore de nos jours la limite exacte des dialectes de l'Angoumois et du Périgord. »


Les Pétrocores

« C’ est le premier peuple attesté par l’Histoire de notre région et qui a donné son nom à sa capitale actuelle Périgueux et au Périgord, mais aussi à de nombreux toponymes géographiques de notre région. Notre géographie parle gaulois.

De nombreux toponymes liés essentiellement aux rivières ou à la géographie de notre actuel département sont en dialecte gaulois des Pétrocores. Les rivières qui se terminent par le suffixe gaulois onna (en gaulois = udna qui a donné onde en latin...) ont gardé leur nom gaulois ( Rizonne, Nizonne, Lizonne, Beauronne, etc.) » (cf)


Notons que la Viveronne, rivière qui coule en Charente et qui se jette dans la Tude, est une rivière frontière entre la Saintonge et le Périgord, à Chalais. Mais nous verrons ça plus bas. La Viveronne porte elle aussi le suffixe d'origine Pétrocore.


« La Viveronne est un ruisseau français du département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine), affluent de la Tude et sous-affluent de la Dordogne par la Dronne et l'Isle. » (cf)


La Vironne

à gauche : La Viveronne à Chalais ( pont de la D.20 )

à droite : La Viveronne entre Brie et Bardenac

photos : Wikipédia


Nous devons maintenant savoir comment la Charente fut construite pour devenir le département que nous connaissons aujourd'hui :


Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1935-07.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 155 )

EN 1790

« Par la loi du 22 décembre 1789, la Constituante divisait la France en départements, les départements en districts, cantons et communes.

Deux raisons justifiaient cette nouvelle division du pays.


1° Une raison sentimentale. Il importait de « détruire l'esprit de province qui n'est dans l'Etat qu'un esprit individuel, ennemi du véritable esprit national » (Thouret).


2° Une raison administrative. Il fallait « parvenir à distribuer la représentation avec égalité », et, pour cela, fixer l'étendue-des territoires qui devaient faciliter les consultations électorales. (Remarquons que presque toutes les autorités sont élues sous la première monarchie constitutionnelle). »



Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1923-04.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 134 )

LES ORIGINES

« LA RÉGION ANGOUMOISINE.— L'Angoumois était situé entre la Marche, le Limousin, le Périgord, la Saintonge et le Poitou. Il n'avait que vingt lieues de long sur quinze environ de large. Ce pays cessa, en vertu des lois du 26 février 1790 et du 4 mars de la même année, d'être une province distincte; il forma, avec quelques territoires empruntés à dessein à la Marche, au Poitou, à la Saintonge, au Périgord et au Limousin, le département de la Charente.

Aussi notre département est plus grand que ne l'était l'Angoumois. Il comprend un territoire qui, dans la plus grande longueur, du sud-ouest au nord-est, a 135 kilomètres et, dans sa plus grande largeur, de l'ouest à l'est, 90 kilomètres. Le département de la Charente n'a presque nulle part de limites naturelles; sauf sur trois points où le Né le sépare de la Charente-Inférieure, la Lisonne et la Dronne de la Dordogne, la Tardoire de la Dordogne et de la Haute-Vienne, ses limites sont conventionnelles. »


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Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1923-05.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 197 )

« L'Assemblée nationale Constituante forma avec l'Angoumois, une partie de la Saintonge, de la Marche, du Limousin, du Poitou et du Périgord, le département de la Charente qui comprit six districts (Angoulême, Ruffec, Confolens, La Rochefoucauld, Cognac et Barbezieux) quarante-cinq cantons et quatre cent vingt-sept communes. »


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Statistique agricole du département de la Charente / par M. Eugène Thiac,...

Thiac, Eugène Thiac, dit aussi Eugène de. Auteur du texte. Statistique agricole du département de la Charente / par M. Eugène Thiac,.... 1861.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( page 3 )

« Traversé par la rivière dont il porte le nom, le département de la Charente a été formé de l'ancienne province d'Angoumois et de quelques communes du Limousin, du Poitou, de la Saintonge et du Périgord ; (...) »


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Les halles de Baignes-Sainte-Radegonde.

La Charente céda à la Dordogne des paroisses des juridictions de Saint-Aulaye au sud de la Dronne et l’enclave de la Tour Blanche. Baignes-Sainte-Radegonde, actuel chef-lieu de canton, appartenait au Petit Angoumois, enclavé dans la Saintonge. La Saintonge, pour sa part, a été en partie démantelée pour la création du département de la Charente-Inférieure et a cédé les élections de Cognac et de Barbezieux pour contribuer à la formation du département d'Angoumois qui devint par la suite celui de Charente.


église monolithe de Gurat

Maintenant, intéressons-nous à découvrir et connaître les terres et communes faisant parties du Périgord Charentais :

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Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1936-04.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 83 et 84 )

« Les quatre cantons de Montmoreau, Blanzac, Aubeterre et Villebois-Lavalette, qui annoncent le Périgord, n'ont que 26.499 habitants pour 889 kilomètres carrés, soit à peine 30 habitants au kilomètre carré. C'est d'ailleurs la densité moyenne que l'on trouve en Dordogne. »


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Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1935-07.

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente


( page 156 )

« Périgord. — En échange de Saint-Aulaye et de plusieurs paroisses au delà de la Dronne, les députés d'Angoumois reçurent Eymouthiers et la partie de Souffrignac qui appartenait au Périgord. Ce fut l'opération la moins avantageuse, car il fallut céder huit paroisses pour n'en recevoir qu'une et demie. »


👉 Souffrignac est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine.

Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, la paroisse de Souffrignac dépendait de La Chapelle-Saint-Robert, dont les seigneurs prenaient souvent le titre de seigneurs de Souffrignac. Comme une grande partie de Feuillade, elle appartenait à la province du Périgord, et lors de la constitution du département de la Charente à la Révolution, sa population émit des protestations. (cf)


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Bulletin / Société de géographie commerciale de Bordeaux. 1890- 10-20.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( page 567 )

« (...) en un mot, le Périgord occidental du nord-est au sud-ouest. C'est cette division qui :est adoptée par l'Encyclopédie du XIXe siècle. Au tome XIX, dans un article signé ; F. de B. ; nous lisons la notice suivante qui confirmé notre opinion : « Le Périgord était divisé en Haut ou Blanc à l'ouest, et Bas ou Noir à l'est. Cette dernière partie devait son appellation aux bois nombreux dont elle était couverte, comme la première , devait la sienne à ses montagnes. La capitale du Haut ou Blanc Périgord et de tout le pays était Périgueux, et ses autres villes les plus importantes, Bergerac, Limeuil, Aubeterre. Sarlat était la ville principale du Périgord Noir; venaient ensuite Domme et Terrasson. (...) »


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Les parties Charentaises du Périgord sont les Archiprêtré de Peyrat et Pilhac, appartenant au diocèse de Périgueux en Périgord, pour les élections du Périgord.

datation carte : 1876

sur les archives du diocèse de Périgueux en Périgord du 16 avril 1556

Agrandissement de l'annotation de la carte à gauche pour comprendre l'historique


" L'ancienne pancarte qui fixait les juridictions, les redevances et l'état des deux diocèses du Périgord (Périgueux et Sarlat) fut donnée, suivant arrêt du Parlement de Bordeaux, le 15 février 1554, par Jacques du Repaire , conseiller du Roi ou sénéchal de Périgueux et fit loi dès le 16 avril 1556, dans le synode tenu par l'Évêque Gui Bouchard d'Aubeterre. Ce n'était pas chose nouvelle à cette époque ; c'était simplement la confirmation légale des anciennes coutumes de nos églises périgourdines."

"La Pancarte divise les deux diocèses du Périgord en archiprêtrés ; cette division ne ressemble nullement à nos circonscriptions modernes par arrondissements et chefs-lieux de canton. Il y a, sous la direction d'archidiacres inamovibles ayant chacun une juridiction désignée, 16 archiprêtrés dans le diocèse de Périgueux, et 7 dans le diocèse de Sarlat depuis l'érection de ce siège par le Pape jean XXII, en 1317. Avant cette époque, nous n'avons pas encore de données assez certaines pour dire quelle était l'organisation de l'unique diocèse de Périgueux."

" L'extrait du bulletin de la société historique et archéologique du Périgord"




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LA COMMANDERIE GÉNÉRALE D'AUBETERRE DE L'ORDRE DE SAINT-ANTOINE EN PÉRIGORD (1100-1838)

source : http://www.guyenne.fr/


« Parmi les ruines du passé, en Périgord, il en est une dont on retrouve à peine quelques vestiges, mais dont l'histoire peu connue n'est cependant pas sans intérêt, un de ces nombreux hôpitaux fondés au moyen-âge pour l’accomplissement de toutes les œuvres de miséricorde : la Maison de l'Aumône, ou la Commanderie générale d'Aubeterre, de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine, située dans l'ancienne paroisse de Mirand, du diocèse de Périgueux et de l'archiprêtré de Pillac.

En la faisant revivre, je n'ai point eu la prétention de donner une histoire générale de l'ordre de Saint-Antoine ; quelques aperçus toutefois m'ont paru indispensables au cours du récit pour faire connaître les liens qui rattachaient cette maison au chef d'ordre, son origine et les phases diverses qui ont marqué son existence.

Et d'abord je dois un respectueux hommage de reconnaissance au savant religieux dom Germain Maillet-Guy, l'éminent historien du chef d'ordre, dont l'inépuisable obligeance m'a fourni d'utiles renseignements, et, en rectifiant certains points historiques, m'a évité la répétition d'erreurs communément admises jusqu'à ce jour. »


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Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure. 1905.

Source gallica.bnf.fr / Société d'archéologie de la Charente-Maritime


( page 187 )

« Le 26 décembre 1566, Arnault, Digeau, dit, Naudin, marchand a Montignac-le-Coq en Périgord, reconnaît devoir a Antoine Lacroze, facteur et négociateur de honorable homme Jehan Aygret, pair et bourgeois de La Rochelle, 64 l. a cause de la vente et Livraison de sèches, ladite somme payable au terme de Pâques. (Pavie, notaire à La Rochelle, f° 253, v°).

En 1572, le 5 janvier, un marchand de Montignac-Ie-Coq en Périgord, achète à La Rochelle pour 212 I. tournois de sèches « parées », ce qui donne en valeur 729 fr. 28, et ce qui représenterait aujourd'hui, au pouvoir de l'argent, 2.187 fr. 84. »


( page 190 )

« Si d'ailleurs les expéditions de sèches, ou plutôt du sac de la sèche, ou se trouve le noir de l'animal, avaient eu pour but la peinture, on les verrait surtout dirigées vers de grands centres, et non vers des lieux tels que Montignac-le-Coq en Périgord. »


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👉 Montignac-le-Coq est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf)

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Les parties Charentaises du Périgord sont les Archiprêtrés de Peyrat et Pilhac, appartenant au diocèse de Périgueux en Périgord, pour les élections du Périgord.

datation carte : 1876

sur les archives du diocèse de Périgueux en Périgord du 16 avril 1556


Les deux archiprêtrés concernés du diocèse de Périgueux

photo : Wikipédia


Pillac (Pilhac en limousin, dialecte occitan) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine).

Entre le Xe et XVIIIe siècles, Pillac était le siège d'une viguerie, alors dans le diocèse de Périgueux, qui a été rattachée avec les six autres vigueries du comté d'Angoulême, qui en comptera une vingtaine à la suite de son extension au XIe siècle.

L'église de Pillac était chef-lieu d'un archiprêtré du diocèse de Périgueux et elle comprenait 26 paroisses.

À la fin du XIXe siècle, la commune a particulièrement souffert du phylloxéra et s'était désertifiée, une grande partie de la population active travaillant les vignes. (cf)


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photos : Wikipédia


Le Peyrat (Le Peirat en occitan) était le siège d'un archiprêtré et d'un prieuré conventuel de l'ordre de Saint-Benoît. Son église romane avait deux coupoles, et son transept avait été voûté en style ogival au XVe siècle.

Au début du XXe siècle, on récoltait encore dans la commune des truffes en quantité relativement importante. La commune comportait alors comme industrie le moulin à cylindres de Périne, sur le Voultron. (cf)


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DIALECTE


Nous venons de voir que Pilhac et Peyrat (archiprêtrés aujourd'hui en Charente) étaient des noms en dialecte occitan. Intéressons-nous à ça, d'ailleurs.

Nous voyons dans la première carte ci-dessous que la couleur beige claire dans la partie Charentaise on y parlait le Périgourdin (langue en dialecte occitan limousin) et correspondait aux archiprêtrés de Pillac et de Peyrat.

On parlera aujourd'hui de Charente Occitane.


source cartes : wikiwand


Le limousin (Lemosin en occitan), aussi appelé langue d’or, est le dialecte de l’occitan parlé dans les trois quarts du Limousin (aux côtés du marchois et de l’auvergnat), en Charente occitane et dans une grande moitié Nord de la Dordogne. (cf)


source carte : Wikipédia


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Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( pages 345 et 346 )

Extrait de la pancarte des sieurs Evesque et chapitres de la ville de Périgueux et Sarlast

« On remarquera que parmi les archiprêtres, il y a ceux de Carves et de Sarlat, ce qui donnerait à croire que la pièce originale remontait au temps où le Périgord n'avait qu'un seul siège épiscopal, c'est à-dire avant 1317. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après l'érection du siège de Sarlat, l'évêque de Périgueux conserva ses fiefs et ses juridictions temporelles, comme il est dit dans la bulle du pape Jean XXII. Les 16 archiprêtres étaient sous l'inspection immédiate de 7 archidiacres nommés par l'évêque à titre inamovible. Ils se divisaient ainsi entr'eux :


1° De la Quinte. Thiviers. Excideuil. Champagnac. Valeuil.

2° Neuvic. St-Marcel. Vélines.

3° Perdux. Vieux-Mareuil. Pilhac.

4° Sarlat. Castelnaud.

5° Limeuil. Belvès.

6° Flaugeac. Capdrot.

7° Villabone. Gouts. Peyrat. Vanxains. »


En pages 362, vous pouvez trouver toutes les communes, aujourd'hui charentaises, de l'archiprêtré de Peyrat de Villebois.

En pages 363 et 365, il est noté que Saint-Christophe de Tude (auj. Chalais) appartenait à l'Archiprêtré de Vanxains (auj. Dordogne) en 1732. Saint-Christophe aurait donc rejoint l'Archiprêtré de Pilhac (auj. Charente) après 1732, sachant que la province du Périgord n'a disparu qu'en 1790.

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( pages 365 et 366 )


V. Archiprêtré de Pilhac (auj. Charente)

« C. de St-Romain

Abb. d'Aubeterre avec ses annexes.

Vic. perpet. d'Aubeterre.

C. de St.Christofle-d'Estudo (de Tude )

C. de St-Quentin.

C. de Rouffiat (Rouffiac).

C.d'Orival.

Cure de St-Martial.

C. de Bonnes.

C. de Belon.

C. de Courlat (Courlac).

C. de Bord (Bors). »

...

Il y a bien d'autres communes, mais nous vous laisserons regarder le document d'archive par vous-même. Si vous voyez le nom (Charente), entre parenthèses, cela veut dire que ces communes sont aujourd'hui en Charente, mais dépendaient bien du Périgord via leurs archiprêtrés.


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A Palluaud. photo : Abritel


Chroniques de J. Froissart. T. 8, 1 (1370-1377)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( page IX )

« 2. Raymond de Mareuil parait avoir eu ses possessions en Périgord, sur les confins de cette province et de l'Angoumois, bien plutôt qu'en Limousin. Par acte daté de Paris en mai 1354, Jean II fit don de 400 florins à l'écu et de 100 livres de rente à prendre sur le comté d'Angoulême à Raymond de Mareuil, écuyer, lequel avait servi sous le connétable Charles d'Espagne et avait repris sur les Anglais les châteaux de Mareuil (auj. Mareuil-sur-Belle, Dordogne, arr. Nontron), de Paluel (auj. Palluaud, Charente, arr. Barbezieux, c. Montmoreau) et d'Agonac (Dordogne, arr. Périgueux, c. Brantôme), situés en Périgord (Arch. Nat., JJ 82, n° 196).

3. Raymond de Mareuil s'était rallié au parti français dès le 29 juin 1369 (voyez t. VII, sommaire, p. LXXXVIII, note 2). Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année, Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord ( auj. Villebois-Lavallette, Charente, arr. Angoulême ) et de Courtenay (Arch. Nat., JJ 100, f 205, 223, 288 ; J 426, n°21). Palluaud et Villebois, rattachés actuellement à la Charente, ont toujours fait partie du diocèse de Périgueux et du Périgord. »


Château de Villebois


VIEILLES DEMEURES DE LA REGION DE VILEBOIS-LAVALETTE (1993)

A 8 minutes et 10 secondes, l'auteur de la vidéo va au prieuré de Ronsenac et laisse parler le propriétaire des lieux. Il dit bien que nous étions dans le Périgord.


église et prieuré de Ronsenac

photo : Jean Ravaux


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Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. 1894.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Note sur des chemins Gaulois et sur des voies romaines en Périgord

( page 59 )


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👉 Palluaud est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf)
👉 Villebois-Lavalette est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf)

Conclusion :

Palluaud (Archiprêtré de Pilhac) et Villebois (Archiprêtré de Peyrat), rattachés actuellement à la Charente, ont toujours fait partie du diocèse de Périgueux et du Périgord.

Par conséquent, les Archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat étaient bien dans la Périgord, qui aujourd'hui sont dans l'actuelle département de la Charente.


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Le Périgord illustré

Guide monumental


( page 74 )

« La province du Périgord a presque formé le département de la Dordogne, dont Périgueux est le chef-lieu. Nous disons presque, parce qu'à l'époque de la formation des départements, on en détacha quelques communes. C'est ainsi que la ville d'Aubeterre a cessé de faire partie du Périgord pour être jointe à la Charente. »


( page 620 )

« Dans la direction du chemin de Ribérac à Aubeterre, ville qui ne fait plus partie du département de la Dordogne, on trouve, dans la commune d'Allemans, des traits, des dards en silex et des haches celtiques ; (...) »


église monolithe d'Aubeterre


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Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


LISTE DES ABBÉS QUI ONT GOUVERNÉ LES ANCIENNES ABBAYES DE LA PROVINCE DU PÉRIGORD.

( cliquez sur le titre ci-dessous )

( page 260 )


I. ABBÉS DAUBETERRE (1)


(1) Voir sur l'abbaye d'Aubeterre (ecclesia sancti Salvatoris Albaterrentis) le fonds Périgord, t. xxxttt, f*' 5-48, et le Gallia christiana, t. H, col. 148.


( page 342 )

II. Le dénombrement du diocèse de Périgueux en 1732 provient du couvent de Plagnac, fondé dans la circonscription actuelle de Saint-Martin de l'Herm ou de Gurçon, par la famille de Foix de Candalle. Ce couvent était une succursale des Minimes d'Aubeterre (aujourd'hui de la Charente).

Quelques frontières à découvrir, qui pourraient vous laisser, pour certaines, sans voix :

Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 1933.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( page CXII et CXIII )

« C'est en ce point que se trouve la limite actuelle du département de la Charente qui sera séparé de la Dordogne par la Dronne d'abord, puis par la Lizonne, pendant de nombreux kilomètres. Mais l'Election d'Angoulême ne s'arrêtait pas là. Elle descendait la Dronne jusqu'au village de Parcoul, le contournait par le Nord pour le laisser à la Saintonge, longeait par l'Ouest Puymangou, la Côte et Saint-Michel qui étaient d'Angoumois, jusqu'au cours de la Chalaure qu'elle descendait pendant deux km. Elle remontait alors un petit affluent de la Chalaure jusqu'à Fougereau qui était Guienne suivant la limite actuelle des départements de la Gironde et de la Dordogne jusqu'à hauteur du village du Bost. La limite partait alors vers l'Est, laissant le Bost à l'Angoumois, bordait Chauvet, Périgord, passait à la cote 11, contournait Servanches par le Nord jusque vers la cote 118, puis se dirigeait vers le Nord, coupant en deux le village de Saint-Vincent-Jalmoutiers, dont elle englobait dans l'Angoumois la partie Ouest et finalement atteignait la limite actuelle du département de la Charente à un km au Nord-Est de Saint-Aulaye qui était Angoumois et est aujourd'hui Dordogne.

La Charente a été amputée là des communes de Saint-Michel, Puymangou, Chenaud, Saint-Aulaye et d'une partie de Saint-Vincent-Jalmoutiers.

A partir de Saint-Aulaye, l'ancienne limite correspond à peu près avec la limite actuelle. Cependant, si la carte de Cassini est exacte, la Dordogne aurait incorporé une longue et étroite bande de terrain partant à hauteur du village de Bonnes, qui aurait donné à l'Angoumois le village de Saint-Antoine, en face d'Aubeterre et aurait rejoint la limite actuelle à Petit-Bersac.

La limite se continue sans modification jusqu'à la séparation entre les communes de Mainzac (Angoumois) et d'Hautefaye (Périgord). Cependant, la carte de Cassini n'indique pas la dent que fait sur la rive droite de la Lizonne le village de la Joufrenie, dépendant de l'ancienne paroisse de Fontaine. C'est certainement une erreur de Cassini.

Les deux limites se séparent entre le village de Mainzac (Angoumois) et La Chapelle-Robert (Périgord). La limite laissait Souffrignac au Périgord, traversait le Bandiat entre Marthon et Le Maine-Gué, laissait Chez-Vincent et Chez-Manot au Périgord et atteignait la Tardoire près de Montbron à la bouche de Chez-Clergeau qui était Périgord. La limite remontait à la Tardoire jusqu'à l'a limite actuelle des deux départements, et elle la suivait jusqu'à la rencontre des trois départements de Charente, Dordogne et Haute-Vienne où se trouvait en même temps la réunion des trois provinces, Angoumois, Périgord et Poitou, cette dernière représentée par son enclave limousine de la Vicomté de Rochechouart. »



La Famille d'Aubeterre,

ou Scènes du XVIe siècle , roman historique, par Mme de ***

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( page 1 )

Chapitre 1

« La jeunesse du vicomte d'Aubeterre, dernier rejeton d'une noble et ancienne famille du Périgord, s'écoulait à la cour de Henri II et de Charles IX, avec tout l'éclat qu'offrait cette époque à ceux qui cherchaient l'occasion de se distinguer. »


( pages 32, 33 et 34 )

Chapitre 2

« Consterné de ces scènes sanglantes, dont il ne put éviter d'être le témoin, le sénéchal qui prévoyait que les troubles affreux qu'elles occasionnaient dureraient plus qu'elles, céda sans peine aux ordres de la reine, et repartit pour le Périgord, où sa présence devenait indispensable. On suppose cependant qu'il n'y retourna pas directement, ou du moins il s'arrêta suffisamment en route pour ramener avec lui un fort beau petit garçon, âgé d'environ quatre ans, qu'il nommait Aimar, et dont il ne fit point connaître la famille. Le bruit se répandit dans le château et les environs que cet enfant était son parent, et e vicomte laissa accréditer cette opinion. Il arrivait fréquemment alors que les rejetons des branches éloignées fussent confiés aux chefs des familles, qui mettaient un certain amour-propre à les élever et à les faire instruire de tout ce qui composait l'éducation d'un gentilhomme, sans qu'il en coutât rien à leurs parents peu fortunés. l'installation de cet enfant au château d'Aubeterre ne parut donc pas un évènement qui méritât de fixer l'attention du public, que le cours des évènements suffisait d'ailleurs pour absorber. »


carte du comté du Périgord à l'époque romaine



Un peu d'histoire :

(Wikipédia : cf)

Le nom « Périgord » vient du peuple gaulois des Pétrocores, Petrocorii en gaulois ce qui veut dire (le Peuple des) « Quatre armées ».

Au XIIIe siècle, le royaume de France est divisé en provinces et sénéchaussées. Par cette division, le Peyragort est borné au nord par l’Angoumois et le Limousin ; au levant par le Bas-Limousin ; au midi par le Quercy et l’Agenais ; au couchant par le Bordelais et la Saintonge. En 1790, le département de la Dordogne est créé à peu près dans les mêmes limites que le Périgord. Il empiète sur quelques terres de l'Angoumois, de la Saintonge, du Quercy et du Limousin. Les apports ou les détachements faits sur les régions voisines correspondant à des redécoupages de diocèses épiscopaux, ont été de peu d’étendue.

La notion de comté pour le Périgord est apparue sous Charlemagne. Le comté était la base des divisions territoriales réalisées pour délimiter un « pagus », dont l’administration civile était confiée à un comte nommé par l’empereur. Ce vassal avait délégation de pouvoir pour administrer une cité et tous les « pagi » qui s’y rattachaient. Le premier d’entre eux nommé par Charlemagne, pour le Périgord, fut Wildbade en 778. Hormis le nom, l’action et les successeurs de ce premier gouverneur du Périgord, ayant le titre de comte, sont méconnus.

En 1360, le Périgord passe sous souveraineté anglaise par le traité de Brétigny. Charles d'Orléans, comte de Périgord est fait prisonnier à l'issue de la bataille d'Azincourt, en 1415. Il reste prisonnier en Angleterre jusqu'en 1440. Le 14 décembre 1430, Charles d'Orléans donne à son frère naturel Jean, bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois, le comté de Périgord en échange de celui de Porcien. Mais cette donation était peut-être fictive. Finalement, le 4 mars 1438, pour se procurer les fonds nécessaires à sa rançon, Charles d'Orléans vend le comté à Jean de Châtillon dit Jean de L'Aigle, fils de Jean Ier de Châtillon, seigneur de Laigle, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, moyennant la somme de 16 000 réaux d'or et 10 000 florins qui étaient dus par feu Louis d'Orléans à Olivier de Clisson, dont Jean de Bretagne était héritier.

En 1454, le comté revient à Guillaume de Châtillon-Blois, frère de Jean de Bretagne. En 1455, à la mort de Guillaume de Châtillon-Blois, le comté revient à sa fille aînée Françoise qui apporte en dot le comté en 1470 lors de son mariage avec Alain, sire d'Albret. Le comté est gouverné par Henri II de Navarre et d'Albret, époux en 1526 de Marguerite d'Alençon, sœur du roi François Ier. À sa mort en 1555, le comté de Périgord revient à Jeanne d'Albret, épouse d'Antoine de Bourbon, descendant des Capétiens. À la mort de Jeanne d'Albret, en 1572, le comté passe à son fils, Henri III de Navarre, qui devient roi de France à la mort d'Henri III en 1589. En 1584, Henri de Navarre cède ses droits sur le Périgord à sa sœur Catherine de Bourbon, qui meurt sans enfant en 1604. Par l'édit de juillet 1607, le comté de Périgord est définitivement réuni à la couronne.


(Source : https://espritdepays.com/histoire-du-perigord/dates-cles-de-lhistoire-perigord)


La carte du Périgord faite par l'Évêché de Périgueux, avec deux agrandissements pour vous montrer la partie Charentaise.
Partie septentrionale de la Sénéchaussée de Périgord. Partie septentrionale de l'Élection de Périgord.

Nous voyons bien que "Aubeterre-sur-Dronne" et "Villebois-Lavalette" (actuellement Charente) se trouvent dans le Périgord, au même titre que "Bazac" ; "St Quentin (auj. St Quentin-de-Chalais)" ; "St Christophe (auj. rattaché à Chalais)" ; "Rouffiac" ; "Bonnes" ; "St Romain" ; "Belon" ; "Palluaud" ; "Laprade" ; "Nabinaud" ; "Edon" ; "Juignac" ; "Gurat" ; "Blanzaguet-Saint-Cybard" ; "Salles-Lavalette", entre autres et appartiennent aux Archiprêtré de Pilhac et de Peyrat dans la partie septentrionale de la Sénéchaussée de Périgord du Diocèse de Périgueux pour les Elections de Périgord.

Cette carte atteste bien que certaines parties (et pas des moindre, d'ailleurs) de la Charente actuelle appartenaient au Périgord et s'avèrent relativement assez vastes. Mais elle sera appuyée par des écrits trouvés dans les archives.


datation carte : 1679



Qu'est ce qu'un diocèse :

Le diocèse (du latin : diœcesis ou diocesis, qui vient lui-même du grec ancien διοίκησις / dioíkêsis, « administration, gouvernement ») est une circonscription territoriale de l'Empire romain conçue sous Dioclétien, à la fin du IIIe siècle.

Dans les Gaules, on trouve les premiers évêques au chef-lieu des anciennes cités gauloises, devenues circonscriptions romaines, puis laissées en déshérence au Bas-Empire. Elles demeurent le territoire presque inchangé des diocèses jusqu'à la départementalisation à l'époque de la Révolution.

Les diocèses du Périgord étaient Périgueux et Sarlat.


La Charente est donc bien l'héritière de l'ancienne province du Périgord au même titre que la Dordogne.

Oui, la Charente possède toujours un bout du Périgord vert de nos jours. Nous en retrouvons des traces qui le prouvent et qu'il faut bien admettre. Des traces oubliées ...

Le château de Chalais (autrefois Saintonge)


D'ailleurs, parlons des Talleyrands-Périgord.


Dans les mémoires de Talleyrand "Le prince immobile", la confession donne de belles preuves :


"A 4 ans, (...) la femme chez laquelle on m'avait mis en pension me laissa tomber de dessus une commode. Je me démis un pied ; elle fut plusieurs mois sans le dire ; on s'en aperçut lorsqu'on vint me prendre pour m'envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère." (au château de Chalais, en Charente)


"J'appuie à Chalais tout ce qu'on savait dans le pays quand on est bien élevé ; cela se bornait à lire, à écrire et à parler un peu le périgourdin".




Emmanuel de Waresquiel, historien français, parle lui de « supercherie généalogique » pour qualifier cette prétention généalogique et cite ce mot de Louis XVIII à propos de son ministre des Affaires étrangères : « M. de Talleyrand ne se trompe que d’une lettre dans ses prétentions ; il est du Périgord et non de Périgord. » (cf)

Cette remarque pourrait confirmer les propos de Talleyrand dans ses mémoires.


Chalais reste pour l'instant un mystère quand à sa place dans le Périgord. Chalais fait-elle partie du Périgord ? Oui et non. Nous allons élucider ce mystère, car Talleyrand le mentionne bien dans ces mémoires et cela reste une source sûre. Nous allons décrypter tout ça.

Le château de Chalais appartenait à la princesse Marie-Françoise de Rochechouart de Mortemart, la grand-mère de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

Le château de Chalais se trouve pourtant en Saintonge. Mais alors, pourquoi dit-il : "... pour m'envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère" ?


Nous savons que l'église seigneuriale Saint-Martial de Chalais dépendait du diocèse de Saintes, donc Chalais se trouvait en Saintonge, car Saintes est la capitale de la Saintonge, et se trouvait être intimement liée à la famille des Talleyrand-Périgord. Elle possède une façade caractéristique de l'art Saintongeais. N'oublions pas que la ville de Chalais n'a pas toujours fait la taille d'aujourd'hui.


Carte : archives départementale de la Charente

Carte : archives départementale de la Charente


Autrefois, le village de Chalais s'étendait autour du château et s'arrêtait au bord de la Tude. L'autre côté de la Tude étant des prés marécageux (Près de Lamballerie, Prés de la Glacière, Prés Renfermés et Près du Château) qui s'étendaient pratiquement jusqu'au bord du village de Saint-Christophe, en Périgord (nous allons vous le démontrer plus bas).

Les Près qui séparaient Chalais de Saint-Christophe sont les Près Renfermés et Près du Château. Les limites, selon nos recherches, étaient l'ancien lit de la Tude, sorte de "bras ou bifurcation" à la rivière selon les cartes, ce qui correspondrait donc aujourd'hui soit la voie ferrée, soit la route de Bordeaux et la rue du moulin. Le lit principal étant toujours existant de nos jours. Plus tard, nous parlerons de remblais à l'arrivée de la voie ferrée.



Pour élucider cette énigme, car nous le savons tous, maintenant, nous avons retrouvé les traces du Périgord jusqu'aux villages de Saint-Christophe et Rouffiac, aux portes de Chalais.

Saint-Christophe, appartenait à l'Archiprêtré de Pilhac qui dépendait du diocèse de Périgueux, en Périgord et se trouvait aux portes de Chalais, séparée par la Tude et une zone marécageuse. Comme nous l'avons vu plus haut et prouvé avec plusieurs archives officielles, Aubeterre fait parti du Périgord. Nous avons aussi découvert que Saint-Christophe appartenait à la juridiction de la Châtellenie d'Aubeterre.


source : Archives départementales de la Charente


château de Labaurie du côté du quartier Saint-Christophe à Chalais

le nom s'écrivait autrefois : Château de La Borie.

*

Notice sur la Terre et Seigneurie de la Borie

située Commune de Saint-Christophe-de-Tude, Canton de Chalais (Charente)

source : cliquer ici


Dans sa notice sur la Terre et Seigneurie de la Borie, H.Lafitte écrit ceci :


« La commune de Saint-Christophe-de-Tude faisait autrefois partie du marquisat d'Aubeterre et dépendait de l'Angoumois, ainsi que les communes de Courlac, Orival, Saint-Avit, Saint-Quentin et Bazac, tandis que Chalais et son territoire appartenaient à la Saintonge.

Mais, depuis 1790, toutes ces localités sont comprises dans le département de la Charente.

Après avoir été, dit-on, au Moyen-Age, Un ancien fort avancé du château de Chalais, le château de La Borie était devenu le siège d'une seigneurie dont les terres étaient situées sur la commune de Saint-Christophe et en composaient la plus grande partie. »


En soit, les faits sont vrais, mais H.Lafitte oublie certains faits historiques bien plus importants et ce qu'il écrit porte une réelle confusion quand à la vérité historique sur le château de la Borie (auj. Labaurie) et de sa commune Saint-Christophe (auj. devenu Chalais). Le château de la Borie a toujours fait parti du Périgord, au même titre que Saint-Christophe. Rétablissons un peu la vérité ...

H.Laffite a dû faire référence à la carte de l'Évêché d'Angoulême de l'Angoumois sans prêter attention aux faits réels. La commune de Saint-Christophe-de-Tude votait aux élections d'Angoulême, mais était restée dans l'archiprêtré de Pilhac (Pillac) dans le diocèse de Périgueux, donc le Périgord, jusqu'à la révolution où il a été repris pour former le département de la Charente.


Évêché d'Angoulême, Angoumois. 1694

source : https://gallica.bnf.fr/


Le château de la Borie était sur la commune de Saint-Christophe qui dépendait de la châtellenie d'Aubeterre, dans l'archiprêtré de Pilhac du diocèse de Périgueux en Périgord.

Les preuves en attestent avec les livres de Léon Dessalles "Histoire du Périgord" (1803-1878) et les Ban et Arrière-Ban de la sénéchaussée du Périgord en 1557.


Léon Dessalles était un historien et archiviste en chef du département de la Dordogne.


Histoire du Périgord. Tome 1

par Léon Dessalles

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

( page 17 et 18 )

L'archiprêtré (...) de Pilhac et du Peyrat (trente-quatre communes unies au département de la Charente), avaient été détachés administrativement de la sénéchaussée du Périgord longtemps avant 1789, mais continuèrent à faire partie du diocèse jusqu'à la révolution, (...)


( page 18 )

Il demeure donc démontré, par les faits, que la partie de l'ancien Périgord, correspondant à l'évêché de Périgueux, comprenait deux archiprêtrés que l'Angoumois avait fini par s'approprier, (...)


( page 342 )

L'archiprêtré de PILLAC réunissait les paroisses qui suivent : Pillac, Palluau, Aubeterre, Miran, Cheneaux, Bazac, St-Quentin, La Menescle, St-Christophe, Rouffiac, Les Essarts, Bonnes, Aurivalle, Courlac, Bellou, St-Martial, St-Romain, La Prade, Nabinaux, Bars, St-Severin, Juniac, Montignac-le-Coq, Salles, Vaux, et Saint-Amand-de-Montmoreau.


L'archiprêtré de PEYRAT comprenait : Le Peyrat, Lavalette, Garde, St-Cybart, Blanzaguei, Ronsenac, Edon et Gurac.


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Ban et Arrière-ban de la sénéchaussée de Périgord. 1557.

ou la noblesse de cette province au XVIème siècle.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


( pages 18, 19, 22 et 24 )

Ensuyt ceulx que cy devant aux rolles précédons et convocation faite cy devant du ban et arrière-ban de Périgort ont estés déclarés exempt du service et contribution au dit ban et arrière-ban.


34° Messire Christophe de Roffignac, chevalier seigneur de Marzac, second président en la court de parlement de Bourdeaux, se dict estre exempt en vertu du privilége octroyé par le roy à messieurs des cours de parlement.


53° Le seigneur de La Borie, se disent exempts en vertu du privilège octroyé par le roy aux habitans de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habitans.


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Tout ceci pourrait expliquerait pourquoi Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord mentionne Chalais comme étant en Périgord, même si la ville initiale et le château sont pour le coup en Saintonge. Mais avec ces regroupements administratifs en 1946, Saint-Christophe a été rattaché à Chalais pour devenir Chalais à part entière. Par conséquent, la ville de Chalais est coupée en deux par le Périgord et la Saintonge au niveau de la Tude.


L'église Saint-Christophe

photo : Wikipédia


Au cours du XIXe siècle, Chalais et Saint-Christophe se réunissent grâce à l'implantation de la voie ferrée. Même si la voie semble aujourd'hui scinder en deux la petite agglomération, il ne nous faut pas oublier que c'est la construction de l'avenue de la gare et les remblais apportés grâce aux travaux ferrés qui ont permis d'établir un lien pérenne entre les petites villes, presque un siècle avant leur fusion administrative, qui eu lieu en 1946. Saint-Christophe devient à part entière Chalais. (cf)


photo :